Septembre remet beaucoup de choses en mouvement. Le travail reprend, les enfants retournent à l'école, les emplois du temps se remplissent et les journées commencent doucement à raccourcir. Au milieu de tout ça, le vélo peut facilement rester quelques jours de plus au garage.
Pourtant, reprendre le vélo ne demande pas forcément une matinée entière, une sortie de 80 kilomètres ou un programme d'entraînement digne d'une préparation de course. Après une pause, l'essentiel est ailleurs : retrouver progressivement l'habitude de rouler et réussir à lui refaire une place dans son quotidien.
À la rentrée, ne cherchez pas immédiatement à retrouver votre niveau d'avant. Commencez par retrouver l'envie et l'habitude de rouler.
Reprendre le vélo après une pause : ne cherchez pas à rattraper le temps perdu
Les jambes se souviennent. La tête aussi. Après quelques semaines sans beaucoup rouler, il est donc tentant de reprendre exactement là où l'on s'était arrêté.
Vous faisiez régulièrement 60 ou 80 kilomètres avant l'été ? Cela ne signifie pas que votre première sortie doit afficher la même distance. Les sensations peuvent revenir assez vite alors que les muscles, les tendons, les articulations et la capacité à encaisser plusieurs efforts successifs ont besoin d'un peu plus de temps.
La première erreur : vouloir immédiatement se tester
La première sortie n'est pas un examen. Inutile de choisir immédiatement la bosse qui vous servait de référence, de regarder votre moyenne toutes les cinq minutes ou d'essayer de retrouver vos meilleurs watts.
Commencez par rouler. Retrouvez votre position, votre cadence, vos sensations au pédalage et le plaisir d'être dehors. Il sera toujours temps d'en demander davantage à votre corps quelques sorties plus tard.
Durée, dénivelé, intensité : une chose à la fois
Pour une reprise progressive, une règle simple peut éviter beaucoup d'excès : ne faites pas progresser toutes les contraintes en même temps.
Vous pouvez rallonger légèrement une sortie sans forcément la rendre plus intense. Ajouter un peu de dénivelé sans augmenter considérablement la distance. Ou remettre quelques passages plus soutenus sur un parcours que vous connaissez déjà.
Les premières fois, rentrer avec l'impression que l'on aurait pu faire un peu plus est souvent beaucoup plus intéressant que rentrer complètement vidé.
30 minutes de vélo, c'est déjà rouler
C'est probablement l'une des idées les plus importantes lorsque septembre arrive : une sortie à vélo n'est pas obligée de prendre une demi-journée.
On imagine facilement le vélo comme une activité qui demande trois heures libres, une préparation complète, un parcours soigneusement choisi et quelques dizaines de kilomètres au compteur. Et lorsque l'emploi du temps ne permet pas tout ça, on finit parfois par ne pas sortir du tout.
Mais 30 ou 40 minutes de vélo restent 30 ou 40 minutes d'activité. Cela permet de faire tourner les jambes, de retrouver ses automatismes et, surtout, de maintenir une régularité.
Il vaut mieux 40 minutes aujourd'hui qu'une sortie de trois heures que l'on repousse chaque semaine au dimanche suivant.
La régularité avant la sortie parfaite
Une petite boucle avant le travail, une sortie rapide en fin de journée ou 35 minutes entre deux obligations peuvent parfaitement faire partie d'une reprise.
Le vélo doit aussi pouvoir s'adapter à la vraie vie. Et à la rentrée, réussir à rouler régulièrement, même moins longtemps, est parfois beaucoup plus utile que d'attendre constamment le créneau idéal.
Le meilleur entraînement n'est pas toujours celui que l'on avait imaginé. C'est déjà celui que l'on réussit réellement à faire.
Comment reprendre le vélo sans se blesser ?
Reprendre progressivement ne sert pas uniquement à retrouver de bonnes sensations. C'est aussi une façon de laisser au corps le temps de se réadapter à la répétition du pédalage et à l'augmentation de la charge d'entraînement.
Tendinites, genoux, dos : ne banalisez pas une douleur inhabituelle
Une reprise trop ambitieuse peut réveiller certaines zones sensibles : genoux, tendon d'Achille, dos, nuque ou hanches notamment.
Il ne s'agit pas de s'inquiéter au moindre muscle un peu raide après une sortie. En revanche, une douleur persistante, qui augmente au fil des sorties ou modifie votre façon de pédaler mérite d'être prise au sérieux.
Dans ce cas, mieux vaut réduire la charge et, si la gêne persiste, demander l'avis d'un professionnel de santé plutôt que d'essayer de rouler systématiquement « à travers » la douleur.
Échauffement, hydratation et récupération comptent aussi
Les premiers kilomètres peuvent servir d'échauffement. On laisse progressivement monter le rythme plutôt que d'attaquer la première côte comme si la sortie avait commencé depuis une heure.
Le sommeil, l'hydratation, l'alimentation et les journées plus tranquilles font eux aussi partie d'une reprise réussie. L'entraînement ne se résume pas au moment passé sur la selle : le corps doit aussi avoir le temps d'assimiler ce qu'on lui demande.
Les conseils de Yann, kinésithérapeute à Toulouse
L'œil du kiné
Yann · Kinésithérapeute à Toulouse
Pour Yann, reprendre le vélo doit s'envisager comme la reprise de n'importe quelle activité sportive : progressivement et sans demander au corps de retrouver immédiatement son niveau précédent.
Il insiste également sur l'intérêt de ne pas construire toute son activité physique autour d'un seul geste. Du renforcement musculaire, un peu de course à pied lorsque celle-ci est adaptée à la personne, de la marche active ou d'autres activités complémentaires permettent de varier les sollicitations.
L'idée n'est pas de transformer la semaine en programme de sportif professionnel. Quelques séances courtes de renforcement, associées au vélo et éventuellement à une autre activité, peuvent déjà apporter une approche plus complète.
Et là encore, la logique reste la même : augmenter progressivement la fréquence, puis la durée et enfin l'intensité.
Le renforcement n'a pas besoin de durer une heure
Gainage, travail des fessiers, jambes, dos et stabilité générale peuvent trouver leur place dans des séances relativement courtes. L'objectif est surtout de conserver un corps capable d'accompagner les heures passées en position cycliste.
Et lorsque l'on manque de temps, dix ou quinze minutes bien utilisées restent toujours plus intéressantes qu'une grande séance théorique que l'on ne fait jamais.
Faut-il faire un bilan de santé avant de reprendre le vélo ?
Tout dépend de votre situation. Une personne qui roule régulièrement et reprend après quelques semaines tranquilles n'est évidemment pas dans la même situation qu'une personne restée longtemps sans activité physique et qui souhaite soudainement reprendre un entraînement soutenu.
Après une longue période d'inactivité, en présence d'antécédents médicaux ou cardiovasculaires, de facteurs de risque, ou simplement en cas de doute sur sa capacité à reprendre une activité intense, un point avec son médecin peut être pertinent.
Celui-ci pourra déterminer si des précautions particulières sont nécessaires et, lorsque la situation le justifie, si un bilan complémentaire ou un avis cardiologique est indiqué.
Une douleur dans la poitrine, un malaise, un essoufflement vraiment inhabituel, des palpitations accompagnées de symptômes ou toute sensation anormale importante pendant l'effort doivent conduire à arrêter l'activité et à demander un avis médical approprié.
Avant de reprendre la route, votre vélo aussi mérite un check-up
On a parlé du cycliste. Parlons maintenant de la machine.
Un vélo qui n'a pas roulé depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois mérite quelques minutes d'attention avant de reprendre la route. Et ce contrôle est encore plus important si le vélo a été stocké longtemps sans surveillance.
Pneus, freins, transmission : les vérifications essentielles
Regardez également l'état des flancs des pneus. Une pression correcte ne signifie pas nécessairement qu'un pneu resté longtemps immobilisé est en parfait état.
Quelques serrages méritent un contrôle
Roues, potence, cintre, selle, pédales : faites un contrôle visuel et mécanique des principaux points de fixation. En cas de jeu, de bruit inhabituel ou de doute sur un élément important, un passage chez un professionnel reste préférable à une réparation improvisée.
Dérailleur électronique, compteur, capteurs : rechargez tout
Voilà un classique de la reprise moderne : le vélo est prêt, les pneus sont gonflés, la tenue est enfilée… et le dérailleur électronique affiche une batterie presque vide.
Pensez donc au dérailleur, au compteur GPS, aux capteurs éventuels et, surtout à la rentrée, aux éclairages avant et arrière.
Septembre marque aussi le début de journées plus courtes. Une sortie prévue en fin d'après-midi peut rapidement se terminer dans une luminosité très différente de celle du départ.
Pneus gonflés, batteries chargées, éclairages fonctionnels, freins vérifiés. Cinq minutes le soir peuvent éviter une sortie écourtée le lendemain.
Reprendre le vélo : une progression simple sur 4 semaines
Il n'existe évidemment pas de programme universel. L'âge, le niveau, la durée de l'arrêt, les habitudes sportives et l'état de santé changent complètement la façon de reprendre.
Mais pour quelqu'un qui souhaite simplement retrouver une pratique régulière après une coupure, on peut garder une logique très simple.
Retrouver les sensations
Des sorties courtes, tranquilles, sur un parcours connu. On oublie la moyenne et on retrouve simplement le plaisir de pédaler.
Retrouver la régularité
Plutôt que chercher une énorme sortie, on essaie de rouler plusieurs fois. Une séance de 30 à 40 minutes compte parfaitement.
Allonger progressivement
Si tout va bien, on peut augmenter un peu la durée ou ajouter du dénivelé, sans forcément augmenter aussi fortement l'intensité.
Réintroduire de l'intensité
Lorsque les semaines précédentes ont été bien assimilées, quelques passages plus soutenus peuvent progressivement revenir.
Ce schéma donne une logique de progression générale, pas un programme d'entraînement personnalisé. Il doit toujours être adapté à votre niveau, à votre état de santé et à vos sensations.
À la rentrée, le véritable objectif : continuer à rouler
Il est assez facile de reprendre le vélo une fois. Le véritable défi commence après.
Lorsque le travail, les enfants, les courses, les rendez-vous et les journées plus courtes reprennent leur place, le vélo doit retrouver la sienne. Et pour y parvenir, il faut parfois accepter de revoir complètement l'idée que l'on se fait d'une « vraie sortie ».
30 minutes avant le dîner, c'est du vélo. Quarante minutes le matin, c'est du vélo. Une petite boucle sans objectif de performance, c'est toujours du vélo.
Ces petites sorties entretiennent surtout quelque chose de précieux : l'habitude. Car plus les semaines sans rouler s'accumulent, plus remettre le vélo dehors peut sembler compliqué. À l'inverse, lorsqu'il fait naturellement partie de la semaine, prendre la route demande beaucoup moins d'effort mental.
Reprendre doucement pour rouler longtemps
Reprendre le vélo ne consiste pas à retrouver immédiatement le cycliste ou la cycliste que l'on était avant les vacances. Il s'agit d'abord de redonner une place au vélo dans son quotidien.
Faites contrôler la machine. Écoutez votre corps. Reprenez par étapes. Ajoutez un peu de renforcement. Acceptez les sorties courtes lorsque le temps manque. Et augmentez progressivement ce que vous demandez à votre organisme.
Parce qu'à la rentrée, la meilleure reprise n'est probablement pas celle qui impressionne sur la première sortie. C'est celle qui donne encore envie de rouler la semaine suivante.


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